Jardin en cours # épisode 03

Jardin en cours

Jardin en cours # épisode 03

S’armer de patience

Pour faire un jardin, on le sait, il faut du temps. Et qui dit temps, dit aussi patience. Mais en matière de patience, tout n’est pas égal, ou du moins, ma patience n’est pas la même selon les sujets.

Autant je peux passer du temps à concevoir des bijoux, en utilisant des perles qui demandent minutie et tranquillité dans leur usage, autant ma patience est mise à rude épreuve lorsqu’il s’agit d’avancer dans le défrichement de mon terrain.

Parce la Nature est bien faite, elle colonise tant qu’elle le peut le moindre espace, concevant d’inextricables fourrés armés jusqu’aux dents, sur lesquels se heurtent les humains, mes gants et ma peau. Les lapins, en revanche, apprécient cette broussaille, dans laquelle ils viennent se réfugier,  créant, par leurs passages répétés, des chemins. N’ayant pas exactement le physique d’un lapin, je ne peux, pour ma part, cheminer au travers de ce breuil, c’est pourquoi je m’évertue à le ratiboiser!

Portrait de la friche armée
La friche armée

Mon jardin est l’illustration parfaite de la dynamique végétale: un terrain, si on lui laisse le temps, se couvrira peu à peu d’une végétation ligneuse, pour aboutir, au stade climax (sous nos climats tempérés) à une forêt. Dans mon jardin, nous en sommes au stade « friche armée et méchante ».

Épineux dossier

Elle est jeune, pleine de vie et n’a qu’une envie: tout envahir. Elle est quatre : la ronce, l’aubépine, le prunellier et le rosier des chiens. Elle fait un travail remarquable, tenant avec brio à distance tous les humains, et faisant sienne le principe de « qui s’y frotte s’y pique ». Elle est d’une efficacité redoutable, avec pourtant une économie de moyen remarquable : quatre espèces seulement, mais planter denses, entremêlées, complices et pleine de vigueur.

Vous l’avez compris, dans cet épisode # 03 nous parlerons de délinquants végétaux en puissance.

Ronce vigoureuse
Mais que fait la police?

La police du jardin, en l’occurrence, moi, se bat vaillamment contre la friche armée. Mais le combat est assez inégal :

  • ils sont quatre : je suis seule,
  • ils ont plusieurs tiges : je n’ai que deux bras et deux mains,
  • ils sont jeunes et robustes : je vais sur mes 36 ans,
  • ils ont la peau dure et épineuse : la mienne est plutôt glabre et fine…

Cependant, comme tout policier-jardinier qui se respecte, je tente de (re)gagner du terrain et donc je passe de nombreuses heures à tailler ce petit monde, comme je peux.

Ne pensez pas que j’y aille sans discernement! Point du tout! Je conserve, ça et là, des aubépines de belle facture, que je tenterai de greffer par la suite, des prunelliers, qui eux aussi me serviront de porte-greffe. Je fais (un peu) dans la dentelle (enfin de gants de jardin surtout…).

Ouvrir

Ce (gros) travail de taille permet d’ouvrir l’espace et participe à avoir une vision (presque) à 360° de jardin. Car comme je n’ai pas ratatiné tout le monde, des aubépines sont conservées au centre du terrain, pour former une future petite forêt de fruitiers, et servir d’espace de transition dans le site (mais cela reste à définir par la suite).

Ces épineux dégagés, ce sont aussi mes bras qui s’ouvrent : de nombreuses griffures les parsèment, ce qui me donne un aspect belliqueux (du plus bel effet dans le métro parisien!).

Lors de cette nouvelle session guerrière, je décide de tailler certaines branches basses du tilleul, afin de pouvoir circuler autour du tronc, et amener de la lumière à ses pieds.

Recul du front de l’armée ennemie sous le tilleul

La lisière du houppier du tilleul revêt après mon intervention l’aspect d’un champ de bataille : les végétaux (restant armés) coupés sont amassés à même le sol, en vue d’une prochaine étape qui sera, dans le meilleur des cas, un broyage, et dans le moins favorable, une taille en plus ou moins gros bouts à la main.

Par ces actions, petit à petit, je gagne du terrain, au sens propre comme au sens figuré, car l’espace arpentable disponible s’accroît.

La friche armée en déroute
Découvertes # épisode 03

Pas de découverte cette fois-ci, mis à part le fait que la Nature est vraiment très perfectionnée, car les épines de la friche armée sont éminemment redoutables, même à travers les jeans et autres gants…

 

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