Jardin en cours # épisode 07

Jardin en cours

Jardin en cours # épisode 07

Suite à un stage de greffe réalisé grâce à Vergers urbains avec l’excellent Thierry Régnier comme professeur, je me suis lancée dans l’expérience dans mon jardin.

Porte-greffe

Dans un premier temps, il m’a fallu établir ce que je pouvais greffer, c’est-à-dire quels étaient mes porte-greffes potentiels.

L’idée est de créer un jardin en utilisant l’existant, aussi, greffer des végétaux qui sont déjà enracinés sur le site me semble une option intéressante. Tant d’un point de vue botanique, éthique que financier!

Sur le terrain, les porte-greffes potentiels que j’ai repéré sont des cerisiers aigres, des pruniers sauvages et des aubépines.

Sur les pruniers sauvages, je pouvais greffer des abricotiers, des pruniers, des pêchers et des poiriers.

Sur les cerisiers aigres, des cerisiers et sur l’aubépine, des poiriers. Malheureusement pour moi, pas de porte-greffe pour des pommiers : il me faudra en acheter!

Greffons

Pour trouver des greffons rapidement, j’ai été les chercher dans les jardins des amis. Ainsi, bigarreau, poirier, abricotier et pêcher viennent tous de jardins des environs.

Pour le choix des greffons, il convient de prendre des rameaux du bois de l’année, bien portants. Il faut veiller à protéger ses greffons, une fois récoltés, du dessèchement, aussi sont-ils mis dans un linge humide et au frais jusqu’au moment de prélever les tissus végétaux pour la greffe.

Emmailloter les greffons dans un linge humide

Par ailleurs, pour ne pas s’emmêler les pinceaux – ou les rameaux – il faut faire attention à bien étiqueter ses greffons!

Entre le bourgeon du bigarreau hâtif et celui du tardif, une fois sur site, contrairement à ce que l’on pensait, on ne se souvient plus très bien lequel est lequel…

Bien étiqueter les différents greffons prélevés
Matériel

Suite à la lecture de livres de Maurice Chaudière, j’avais demandé « comme cadeau de Noël », un greffoir, pour moi aussi créer ma forêt fruitière…

Avant de débuter, il faut bien les affûtés, afin de réaliser des coupes les plus nettes possibles. Dans les greffoirs, il y a différents outils, le couteau simple, type « Opinel », qui permet de trancher, le greffoir avec la petite lame en laiton qui permet de décoller l’écorce, le greffoir avec la lame courbée, qui permet de parer la coupe… Du matériel varié, à essayer pour déterminer ce qui vous convient.

Greffoir courbe, pour parer les coupes
Greffer

Dans un premier temps, j’ai choisi les porte-greffes, puis, je les ai « préparés », selon le mode de greffe auquel j’allais procéder. Étant en septembre, je pouvais greffer en écusson (greffe d’un œil – d’un bourgeon) ou greffer des rameaux.

M’étant précédemment essayer à la greffe à l’anglaise simple sans succès (ma greffe n’a pas prise), et m’étant entraîner, grâce à Thierry Régnier, à la greffe en écusson, je l’ai employée, autant que possible.

La greffe en écusson demande, à mon sens, moins de force dans « les bras » et me semble donc plus facile à réaliser.

Il s’agit de prélever un morceau d’écorce, un bourgeon et son pétiole. Elle se pratique au printemps ou en été. On place le greffon sur la face Nord du porte-greffe, pour éviter son dessèchement, ou, à « la rigueur côté Est ». Le greffon est incrusté derrière l’écorce du porte-greffe, sur lequel on a préalablement pratiqué une incision en T. Écorce du porte-greffe et écusson sont liés l’un à l’autre grâce à du raphia (préalablement trempé dans de l’eau pour l’assouplir).

Greffe en écusson d’un bigarreautier

Mais la greffe en écusson a bien vite eu ses limites. L’écorce des aubépines est terriblement difficile à décoller (peut-être était-ce trop tard, la sève étant déjà redescendue) et j’ai aussi eu de grandes difficultés avec l’écorce des pruniers sauvage, très fragile. C’est pourquoi, je ne l’ai finalement employée que pour les cerisiers.

Vue de la « zone de greffe »

Pour les pruniers et les aubépines, j’ai opté pour des greffes en fente (simple ou double).

Pour ce faire, après avoir coupé à la hauteur désirée mon porte-greffe, puis avoir paré ma coupe (c’est-à-dire couper net tous les petits bouts d’écorce ou de bois arraché), on pratique une fente au centre du tronc, dans laquelle on glisse les greffons. Ces greffons auront été taillés avant en biseau, pour s’insérer harmonieusement dans leur nouveau compagnon (du moins on l’espère!).

Greffes en fente
Bilan

J’ai ainsi procédé à une vingtaine de greffes (en 5h00…). Bien évidemment, ce serait une chance inouïe si elles « prenaient » toutes (et cela me ferait une forêt fruitière très dense!)…

Je n’ai, pour le moment, plus qu’à attendre patiemment le printemps prochain pour savoir si j’ai bénéficié – ou non – de la « chance du débutant(e) »!

Vue d’ensemble d’une partie des porte-greffes

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