Jardin en cours épisode # 16

Jardin en cours

Jardin en cours épisode # 16

Planter!

Une fois tous ces travaux de nettoyage faits, une envie démange forcément le jardinier : planter!

Bien évidemment, faire de la place à pour but de pouvoir installer les végétaux que l’on souhaite pouvoir cultiver sur le site.

Cependant, je me suis rendue compte qu’il n’était pas si évident de remplir de nouveau l’espace dégagé. Cela peut paraître étrange, mais avec tous les efforts fournis pour dégager, enlever, ôter, l’idée même d’implanter de nouvelles plantations revêt un aspect vertigineux! Faire du vide pour remplir à nouveau…

Pour m’aider à passer le pas, j’ai suivi plusieurs étapes.

Transplanter

Les premières plantations faites sur le terrain l’ont été avec des plantes récoltées dans la « nature ».

J’avais en effet repéré des plantes sauvages qu’il m’intéressait d’avoir sur le terrain, ainsi, consoude, saponaire, sauge et asperges ont pris place le long du mur Sud. Le choix de cet emplacement résulte du fait que c’était un des seuls espaces du jardin vraiment nettoyé.

Transplantation de griffes d’asperges
Plantation des griffes d’asperges et des consoudes au pied du mur et repérage de leur implantation avec des tiges

J’ai aussi collecté des pieds de choux marins lors d’un week-end à Saint-Valéry-en-Caux. Ces choux poussent spontanément au bord des plages, j’en ai donc pris quelques uns pour essayer de les cultiver en Seine-et-Marne!

Recycler – système D

Parfois, pour trouver des plantes bon marché, voir gratuites, il faut faire… les poubelles! Mais pas n’importe lesquelles : les poubelles des cimetières. Après la Toussaint, c’est un moment particulièrement adéquat. En effet, après avoir honorer les défunts en fleurissant leurs tombes avec des chrysanthèmes, ceux-ci sont bien souvent, par la suite, jetés au rebus. Mais cela est fort dommage car il est possible de les replanter au jardin, où ils s’épanouiront pendant quelques années. Leur abondante floraison égaye les jardins à l’automne, avant le sommeil hivernal.

J’ai donc été collecté quelques chrysanthèmes qui auraient sinon été grossir les rangs des décharges publiques. Après une taille des fleurs et une réduction du volume foliaire, ils ont pris place au pied de quelques aubépines de la haie Est.

Récupération des chrysanthèmes pour les replanter au jardin (et d’un sureau noir)
Premier plan de plantation

Pour la suite des plantations, j’ai acheté des plantes à des pépinières.

Deux pépinières ont été les fournisseurs de mes premières plantations :

  • la pépinière permacole Atmosvert
  • les pépinières spécialisées en petits fruits cultivés selon les méthodes de l’agriculture biologique Ribanjou.

J’ai acheté des plantes en racines nues et en godets, car je ne peux pas me permettre d’acheter des grands sujets. Cependant, cette contrainte s’avère aussi un avantage, car plus les végétaux sont plantés petits, meilleure est leur reprise.

Un futur groseillier à maquereaux (petit à la plantation donc!)

Afin d’agencer sur le jardin cette trentaine de plantes, j’ai réalisé un premier plan de plantation. Face à cette « difficulté » intellectuelle que j’ai eu de remplir le vide créé, j’ai, comme vous le constatez, commencé par planter les bordures, à savoir le long des limites du jardin. Cela était, dans un premier temps, plus évident pour moi. Le « remplissage » du cœur du jardin interviendra par la suite

Premier plan de plantation, février 2019

Les plantes sont repérées par un numéro, afin de pouvoir faire figurer tout le monde sur le plan.

La légende du plan est la suivante:

Légende du premier plan de plantation

Je n’ai pas pu commander toutes les plantes que je souhaitais, car nous étions déjà tard dans la saison et le disponible en pépinière était plus réduit.

On voit que cette première commande contient beaucoup d’arbustes à petits fruits, classiques comme les groseilliers, framboisiers ou cassissiers ou plus insolites comme l’arbre aux faisans, la baie de mai, l’aronie, le ragouminier. J’ai aussi choisi d’implanter d’autres petites fruits dont on a perdu l’usage comme l’amélanchier, le sureau noir ou le berberis, mais qui sont pourtant souvent présents dans les jardins (mais à destination d’ornement uniquement).

Plantes multi-usages

Ce qui me paraît passionnant ici, c’est de mettre en avant les nombreux usages que l’on peut faire des plantes, qui sortent un peu « des sentiers battus ».

Notre flore spontanée recèle beaucoup de richesses que nos anciens savaient utiliser pour se soigner, pour manger… Aujourd’hui, à l’heure où l’herboristerie est menacée, il me semble urgent de se réapproprier ce vivant disponible gratuitement, pour nous rendre plus autonome, indépendant et intelligent!

A bien y réfléchir, depuis combien de décennies existent les médicaments tel que nous les connaissons actuellement? Bien peu de temps au regard des plantes dont l’humanité a fait usage jusqu’ici. Bien sûr, il convient de collecter ces plantes dans des lieux éloignés des sources de pollutions agricoles ou industrielles. C’est pourquoi créer cette pharmacopée dans son jardin me semble avoir toute sa place.

Des plantes comestibles mais aussi utiles

Dans ces quelques 30 plantes, bon nombre offriront des baies comestibles, mais certaines n’ont pour utilité « que » d’améliorer le sol, car elles sont fixatrices de l’azote de l’air sur leurs racines (symbiose entre bactéries et racines). Ces plantes ont toute leur place dans un jardin conçu selon les principes de la permaculture, puisqu’elles participent de la constitution d’un écosystème viable. Ces plantes sont des supports de fertilité du système jardiné.

Un sureau (si, si, cherchez bien, il est là où il y a une étiquette!)

Dans cette première commande, on trouve le faux-indigo qui est une plante fixatrice d’azote & mellifère (favorable aux insectes butineurs), ainsi que les argousiers mâle et femelle, qui apportent eux-aussi de l’azote au sol, et, pour la plante femelle, offre une fructification comestible.

La consoude que j’ai été récupérée sur les pentes de la butte est aussi une plante à usage multiple, souvent mise en avant dans les permacultures. Avec ses racines puissantes elle décompacte le sol, remonte les minéraux en surface, dans ses feuilles. Ses feuilles sont comestibles, et ses fleurs mellifères. Et pour en ajouter encore à son pedigree, son feuillage constitue un excellent paillage (qui restituera les minéraux accumulés) et ses racines sont médicinales. C’est donc une magnifique plante compagne. Son seul inconvénient (selon les circonstances) est d’être un peu envahissante.

Transplantation de consoude, autour du noyer junior
Découvertes # épisode 16

Lors de la mise à niveau du sol en vue des plantations, j’ai découvert divers objets, plus ou moins sympathiques, enfouis dans la terre.

Un zone spécifique contenait plusieurs os à moelle : je ne sais si d’anciennes croyances populaires vantaient leur mérite dans la culture des végétaux, ou si un chien a résidé là un moment, ou encore si les anciens occupants adoraient manger des pots au feu dans le jardin, mais il y avait un « spot ».

Plus classique, des morceaux d’assiettes et de plats se trouvent souvent mélangés au sol. Heureusement leur proportion reste raisonnable : cela ne permet pas de démarrer une mosaïque.

La dernière découverte insolite a été celle d’un morceau de sculpture en terre cuite. Malheureusement, il ne s’agissait pas de la mise à jour d’un vestige gallo-romain, mais juste de celle d’un santon.

Je l’ai donc adopté comme totem du jardin, telle une figure protectrice.
Habilement montée sur un socle, ce personnage tronqué veille à présent à la destinée de cette terre.

Figure tutélaire du jardin

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